FRANCE :: UNE TROISIEME PLACE HONORABLE POUR LES LIONS INDOMPTABLES PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI

/sites/default/files/imported_articles_images/node__11891.jpg

Après une demi-finale calamiteuse et quelques débuts de match insipides face au Burkina comptant pour la 3ème place, les lions ont refleuri avec le printemps, offrant un festival offensif avec 3 buts décisifs qui venaient égaliser 3 buts concédés à la première mi-temps. Dans cette rencontre épique, les lions ont vite encaissé trois buts. L’entraîneur ayant procédé à un réajustement en seconde période, ceux qui sont entrés se sont jetés à l'assaut des buts des burkinabés. L’homme qui permet alors de sauver l’équipe s’appelle Aboubacar Vincent. Aboubakar a fait forte impression en marquant des buts inoubliables lors de cette CAN. Merci Aboubakar, merci à Toko Ekambi.

Une égalisation historique ; ils ont montré qu’une équipe joue d’abord avec sa tête avant de jouer avec ses pieds. On accueille cette victoire dans un optimisme radieux et convaincu pour l’avenir.

Au cours de ce match, les lions indomptables ont tissé leur toile avec un milieu de terrain compact qui était à la recherche du moindre ballon. Bénéficiant d’une grande liberté, ils se sont montrés à la hauteur de leur réputation. Ceci prouve que lorsqu’ils sont blessés, ils restent une équipe dangereuse, et sont susceptibles de semer les troubles dans les esprits. Une aisance peu commune à d’autres équipes, et une rare intelligence de jeu leur ont permis une témérité ravageuse. Les burkinabés étaient étourdis après le troisième but des camerounais, ils n’en revenaient pas, au point où leur gardien jouant à une supercherie a préféré faire le malin en sortant comme blessé. Il faut le dire, les lions peuvent exhiber leur talent avec fierté, et se muer comme une équipe qui peut créer de façon permanente le doute dans les esprits. Petit à petit, cette équipe se refera une place au soleil.

Ce qui a changé dans ce jeu vivifiant, c’est l’état d’esprit, le goût de la conquête, l’envie d’entreprendre et d’oser, la volonté de jouer vite pour construire et non l’individualisme. Poussée par leur courage habituel l’équipe camerounaise a surtout cherché à se faire plaisir en mettant en œuvre des actions claires et précises servies par des coéquipiers qui avaient envie de jouer la cohésion. C’est un match qui les met désormais en confiance pour la suite. Cette victoire est bien un prologue à un avenir que l’on espère chatoyant. Ils ont retrouvé la technique et la vitesse. C’est une voie royale qui s’ouvre, mais rien ne laisse présager que cette équipe-là soit celle du futur, elle n’a pas tous les moyens, cette coupe du monde ne doit pas se disputer avec certaines choses qu’on observe au sein des lions. Il y a des choses à changer. Il faut laisser les vieux schémas, on ne peut pas être fidèle jusqu’à l’absurde.

On ne peut plus trop s’enflammer c’est vrai, mais l’arbre de cette victoire ne doit pas cacher la forêt, il faut des reformes dans cette collégiale. La présence trop envahissante de certaines anciennes gloires avec leur discours peu cohérent, est de nature à susciter la pression au sein de l’équipe qui doit rester libre et sereine. Les lions n’ont pas besoin de cette forte présence. C’est trop. Quand on voit trop une star, on a plus envie de le voir. Chacun doit jouer le rôle qu’il s’est choisi. Que cela soit clair dès maintenant. On ne veut être déshonoré de la sorte.

 Le Cameroun est fou de son équipe, sa notoriété a dépassé largement le cadre africain. 

Il y a des problèmes internes, car cette élimination cache des soucis et ces soucis doivent être relevés pour ne plus affecter le moral de l’équipe.
Sans soulever de controverses, cette troisième place a donné beaucoup d’enthousiasme à toute l’équipe, mais il nous faut sortir de la routine.
Et le Cameroun dans tout cela est devenu en l’espace d’un mois la capitale du football africain. C’est la plus belle coupe organisée jusqu’à ce jour. Tous les pays ont été une fois au moins contents de leur but marqué au cours de leur compétition.
Le Cameroun est un pays à grande tradition de football. Ils ont montré leur capacité sur le plan organisationnel, c’était impeccable avec cette réputation de pays hospitalier. Au fait, ils ont été au top niveau partout.

Le tirage au sort pour le mondial a réveillé nos énergies et nous lance désormais dans une autre ambition et un objectif majeur. Le Cameroun doit se qualifier en phase finale de la coupe du monde. Ce sera notre 8ème participation à un mondial. C’est très ambitieux de placer la barre aussi haute, surtout en face d’un pays à la réputation solide comme l’Algérie. Je n’ai pas peur de l’Algérie. Le Cameroun a déjà joué des grands matchs au moins et depuis 1990, il n’a plus accédé au second tour d’un mondial. Il est temps et le Cameroun cette année sera de retour, je l’espère.

Cette idée est la mienne, indiscutablement, ce que je retiens dans cette coupe d’Afrique, c’est le fait que les équipes africaines ont été fantastique jusqu’aux petits pays comme le Comores, la Gambie, la Guinée équatoriale, et si celles qui seront qualifiées pour le mondial tiennent bien, elles vont surprendre au Qatar.